Ces branches qu’on élague

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© Charles Berberian

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Cet article est issu du numéro 114 de Philosophie magazine « Comment vivre avec l’idée de la mort ? », en kiosque le 26 octobre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

C’était le soir du dernier 14-Juillet, au bord d’un petit lac de Bourgogne. J’ai demandé à l’un de mes amis, âgé de 47 ans, pourquoi il s’était mis à fumer une fois la quarantaine sonnée, lui qui n’avait jamais ne serait-ce que tiré une taffe sur une blonde lors de son adolescence. Il rattrapait le temps perdu : je le voyais, à l’âge où la plupart essaient de renoncer à la manie du tabac, griller plus d’un paquet par jour.

Cet ami me fit un large sourire et répondit :

« Oui, c’est vrai, moi aussi je me demande pourquoi je fume tellement à présent. En plus, je n’aime même pas le goût, ni l’odeur de la fumée.

— Alors, c’est la gestuelle qui te plaît ?

— Non, je crois qu’en réalité… j’aime l’idée que la cigarette tue. Cela me fait plaisir de provoquer la mort, de la narguer un peu. Parce que ce n’est pas juste un pied de nez en l’air, tu comprends. Fumer est vraiment dangereux, c’est ça qu’est bon. »

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