Chère Zahia…

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Cet article est issu du numéro 41 de Philosophie magazine « 41 - été 2010 », en kiosque le 01 juillet 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

On ne sait s’il faut dire l’affaire Ribéry-Govou-Benzema ou l’affaire Zahia D. L’emballement médiatique est retombé, mais les détails de l’histoire demeurent édifiants.

1) Commençons par la tartufferie de la presse, de l’opinion, des politiques et des juges. On s’indigne que des sportifs réputés pour leurs prouesses viriles sur le terrain continuent leurs prouesses au lit. Ce serait plutôt le contraire qui aurait surpris. Chut ! Tout le monde doit s’acheter une conduite.

2) Même remarque concernant l’objet de ces performances, la jolie Zahia : on nous chante la complainte de la mineure victime. Dans le même temps, le chœur de la nomenklatura médiatique française entame une énième campagne de défense du pauvre Polanski pour nous dire sa dépression. Visiblement, il y a mineures et mineures.

3) Un juge bien intentionné (ils le sont tous par définition) instruit une affaire de prostitution. Très bien. Il convoque nos champions sauteurs. Très bien encore. Tout est aussitôt diffusé au-delà de ce qui est permis. De quoi effectivement faire regretter que la suppression du juge d’instruction ne soit plus à l’ordre du jour. La dérive médiatique de la justice se poursuit. Il faut dire qu’elle paie : elle mène à la députation (Jean-Louis Bruguière), à une possible candidature à la présidence de la république (Eva Joly), à une tentative de carrière littéraire (Éric Halphen).

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