La puissance des femmes
Chloé Delaume : la colère en partage
Détail de l’illustration de couverture de “La Puissance des femmes”. © Philo Éditions
Effacées, oubliées, dédaignées, les femmes ont traversé l’histoire de la philosophie en clandestines. Que reste-t-il de leur pensée ? Des traces, des bribes, des témoignages indirects, voilà pour l’Antiquité. « La parole est l’affaire des hommes », dit Homère ! « Cause toujours », ont répondu les femmes, siècle après siècle contre vents et marées, bûchers et interdits, condescendance et domination. Et d’Hypatie d’Alexandrie à Olympe de Gouges, de Rosa Luxemburg à Simone Weil et Hannah Arendt, elles ont osé penser aussi bien les questions universelles que leur propre condition, jusqu’à l’émergence des nouveaux féminismes contemporains.
Philosophie magazine Éditeur a voulu rendre hommage au combat de ces femmes en publiant La Puissance des femmes. Une autre histoire de la philosophie (disponible depuis le 12 novembre). Une galerie, une anthologie, une fresque qui raconte autrement la grande histoire de la pensée et qui interroge cette puissance occultée d’agir et de pensée.
L’idée d’une puissance féminine a essaimé depuis quelques années dans le débat public. Cet engouement ne doit pas cacher, pour l’écrivaine et essayiste Chloé Delaume, la face sombre, violente, vengeresse, de cette puissance recouvrée. Les féministes doivent assumer cette ambivalence essentielle, plutôt que de faire comme si la lutte pouvait se dérouler de manière totalement pacifique.