Revue de presse
Combat perdu
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Cet article est issu du numéro 30 de Philosophie magazine « 30 - juin 2009 », en kiosque le 28 mai 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« En France, je dois le confesser, mais les lecteurs du Manifesto le savent, je fais partie des personnes qui ont voté “non” au référendum sur la Constitution européenne, il y a trois ans. J’ai cru le faire pour des raisons qui n’étaient pas nationalistes, ni de droite. Or je suis contraint de constater aujourd’hui que ce combat a été perdu, et que la possibilité de bâtir une politique transnationale, de promouvoir le fédéralisme européen a été complètement neutralisée par la tendance majoritairement nationaliste de la gauche, ou mieux encore, de la vieille gauche. Ce qui est inquiétant aujourd’hui, c’est la convergence du nationalisme de gauche et du nationalisme de droite, convergence dont les effets se font sentir au niveau des gouvernements et qui explique le sabotage permanent des politiques européennes communes. En outre, la convergence entre ces deux formes de nationalisme au niveau de l’opinion publique et de l’éthos des classes populaires en Europe est encore plus préoccupante. Moins les États-nations seront capables de répondre aux défis économiques, sociaux et culturels du monde contemporain, plus les discours populistes et nationalistes auront prise sur les classes populaires en Europe. Or il n’est plus possible de se contenter de tenir un discours élitiste sur l’ignorance du peuple. Il faut s’interroger sur les causes structurelles de cette situation. De toute évidence, cette tendance menace le futur de la démocratie en Europe, et encourage le racisme. »