L’œil de la sorcière
Coups de chaud
Oriane Safré-Proust/Valérie Oualid pour PM
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Cet article est issu du numéro 164 de Philosophie magazine « Réparer la Terre ? », en kiosque le 28 octobre 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Plus les températures se dérèglent, plus la haine se déverse sur les réseaux sociaux. Vaine quête d’un bouc émissaire face à l’éco-anxiété ou naissance d’une identité climatique ?
Une étude menée par l’Institut de recherche sur l’impact climatique de l’université de Potsdam, en Allemagne, et publiée au mois de septembre par la revue britannique The Lancet Planetary Health montre que le nombre de Tweets haineux augmente avec la température. Entre 12 et 21 °C, le nombre de Tweets misogynes, racistes et homophobes est relativement stable. Cependant, dès que la température s’élève, le nombre de messages haineux, écrits ou repartagés, suit une courbe ascendante, avec une pente culminant à 22 % au-delà de 41 °C. Même ambiance délétère quand le mercure descend : en dessous de -3 °C, les Tweets haineux augmentent de 12 %. L’étude, très sérieuse, porte sur un échantillon de 4 milliards de Tweets géolocalisés en provenance des États-Unis. Les spécialistes des réseaux sociaux ont aussitôt réagi, mettant en cause les algorithmes qui favorisent les contenus suscitant le plus grand nombre de réactions et donc, fatalement, les contenus haineux.