Fait social

David Le Breton sur la piste des disparus volontaires

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David Le Breton sur la piste des disparus volontaires

© Nicola Fioravanti /unsplash

Chaque année en France, environ 13 000 personnes disparaissent sans laisser de traces, pour refaire leur vie ailleurs. Ces disparus volontaires, qui sont rarement retrouvés par leur entourage « d’avant », témoignent de ce que l’anthropologue David Le Breton appelle « la blancheur », c’est-à-dire le désir de « disparaître de soi » pour un temps plus ou moins défini. Dans une société qui exige des individus de développer une identité propre, il est parfois difficile de tenir cette exigence sans craquer et céder à un « fantasme » d’ailleurs.

Un an après le début du premier confinement, cette aspiration à s’échapper de soi-même est particulièrement d’actualité. « On est confronté à soi de manière terrible, on rumine notre identité. C’est une sorte d’incarcération en soi », nous dit l’auteur de Disparaître de soi (Éditions Métailié, 2015) dans cet entretien. David Le Breton explique notamment que cette « blancheur » peut être vécue de façon plus ou moins heureuse. C’est en tout cas une manière de « reprendre l’initiative » sur sa vie, en se plongeant dans une nouvelle temporalité, plus ouverte et flottante.

Pourquoi éprouvons-nous le besoin de disparaître (de nous-même) ?
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