Histoire
De l’Empire perse à l’Iran
Cité antique de Pasargades, près de Persépolis (province de Fars, Iran). Des touristes devant la tombe de Cyrus II, dit Cyrus le Grand, Achéménide fondateur de l’Empire perse au VIe siècle av. J.-C. © Stefan Auth/Bridgeman Images
Cet article est réservé aux abonnés.
L’Iran, qui a frappé ce week-end Israël avec des drones et des missiles, rêverait-il de renouer avec l’hégémonie de l’Empire perse au Moyen-Orient ? Éléments de réponse par un retour sur la longue histoire de cette nation.
Les frappes iraniennes lancées ce week-end contre Israël ont suscité une vague de vives réaction à l’international. Certains ont osé la comparaison avec l’Empire perse, qui a longtemps dominé le Moyen-Orient. « Tout le Moyen-Orient est iranien », déclarait en 2015 Ali Younesi, haut conseiller du président Rohani. Depuis, l’Iran n’a eu de cesse de disséminer son influence dans la région : en Irak, en Syrie, au Liban, etc. Assiste-t-on à la résurgence de velléités impériales ? Pour le savoir, retour sur l’histoire mouvementée de l’Empire perse.
Empire achéménide
Le premier empire perse est fondé par Cyrus II dit « le Grand » (v.600-530 av. J-C.). Devenu roi, il s’émancipe de la tutelle des Mèdes, un peuple proche, en 550 av. J.-C. La dynastie des Achéménides cumule peu à peu les victoires et les conquêtes, et règne bientôt sur l’un des plus grands territoires de l’époque. Cyrus promulgue un édit que le dernier shah d’Iran Mohammad Reza Pahlavi (1919-1980) considèrera comme la « première charte des droits de l’homme ». Il affirme vouloir conquérir « sans incendier, sans piller, sans tuer » – pour libérer les peuples des tyrans. Il autorise les populations déportées à regagner leurs terres – les Juifs notamment, que le roi babylonien Nabuchodonosor II avait réduits en esclavage et envoyés à Babylone, après avoir détruit le premier temple de Jérusalem en 586 av. J.-C. Cyrus le Grand promeut la liberté de culte : « De Babylone à Assur et de Suse, Akkad, Eshnunna, Zamban, Me-Turnu, Der, d’aussi loin que la région de Gutium, les centres sacrés de l’autre côté du Tigre, dont les sanctuaires avaient été abandonnés pendant longtemps, je retournai les images des dieux […] à leur place et je les laissai résider en leurs demeures éternelles. »