L’œil de la sorcière
Des becs qui s’allongent
illustration : Oriane Safré-Proust/Valérie Oualid pour PM.
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Cet article est issu du numéro 158 de Philosophie magazine, en kiosque le 19 mars 2022. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Plusieurs espèces animales se transforment physiquement sous l’effet du réchauffement climatique. Et nous, quelle sera notre stratégie d’adaptation ?
Les becs des oiseaux, les ailes des chauves-souris sont en train de grandir. Un changement de morphologie dû au réchauffement climatique : les appendices développés – becs, ailes, oreilles – jouent en effet un rôle de climatisation naturelle en cas de fortes chaleurs. Il en va ainsi des longues oreilles des éléphants d’Afrique, qui leur permettent, en s’éventant, de refroidir leur sang trop chaud. Les becs de certains oiseaux jouent un rôle semblable – ces becs qui sont en train de s’allonger, comme les pattes et la queue de la musaraigne d’Amérique du Nord, comme les ailes de certaines chauves-souris d’Asie. Pour s’adapter au dérèglement climatique, plusieurs espèces animales sont en train de se transformer, telle est la conclusion d’une récente étude australienne parue dans la revue Trends in Ecology and Evolution. Rien ne garantit toutefois, selon ses auteurs, que ces becs allongés, ces ailes d’envergure, ces oreilles de Dumbo, suffiront à assurer la survie de leurs propriétaires en cas de hausse brutale des températures.