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Des chevaux et des hommes : comment la domestication des équidés a changé le monde

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Des chevaux et des hommes : comment la domestication des équidés a changé le monde

© Joseph Daniel/Unsplash

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La domestication du cheval serait plus récente qu’on le pense. Elle aurait eu lieu non pas au quatrième millénaire avant notre ère, mais vers -2200, selon une étude récente. La querelle de datation déplace au fond seulement une question autrement plus ample : comment le cheval a-t-il transformé le destin de l’humanité ?


 

Depuis des temps qu’il faut bien qualifier d’immémoriaux, le cheval a accompagné le destin de l’être humain. Avant d’en faire une monture ou une bête de trait, nos lointains ancêtres préhistoriques le chassaient pour sa viande, tout en faisant de l’animal sauvage l’un des sujets de prédilection de leur art rupestre.

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Quand donc l’équidé a-t-il été domestiqué ? La plupart des spécialistes s’accordaient jusqu’alors pour dire que nos chevaux étaient les descendants de ceux apprivoisés, autour du quatrième millénaire av. J.-C., par les hommes de la culture de Botaï (les Yamnayas notamment), née dans les steppes d’Asie centrale. La domestication, bouleversant les déplacements, les échanges et les communications, aurait été un facteur essentiel de l’expansion de ces peuples dans les plaines eurasiennes. Une étude récente conteste cependant cette hypothèse. Nos chevaux seraient plutôt les descendants de chevaux sauvages de Przewalski domestiqués vers 2200 avant notre ère dans la région pontique-caspienne, autour du nord de la mer Noire, entre l’Ukraine actuelle et la Russie des contreforts du Caucase. 

De la course à la chasse montée

La vérité est peut-être entre les deux. Car il est bien possible que le cheval ait été domestiqué à plusieurs reprises, donnant naissance à différentes lignées qui ont pu se perpétuer, disparaître ou se mêler à d’autres. Une chose est sûre : la domestication fut une révolution historique pour l’humanité. Comme l’écrit le philosophe et géographe Paul Virilio dans son article « Métempsychose du passager » (in : L’Horizon négatif, Galilée, 1984), « dans la monture, on conserve l’énergie cinétique, la vitesse du cheval et non plus les protéines, (le moteur et non plus la chair). […] Alors que, dans la chasse, le chasseur visait à stopper le mouvement de l’animalité sauvage par un abattage systématique, l’éleveur [cherche à] le conserver, et grâce au dressage, le chevaucheur s’associe à ce mouvement en l’orientant et en provoquant son accélération ».

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