Imaginaire

Qu’est-ce que la féérie ?

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À gauche, “Glorund Sets Forth to Seek Turin” (“Glorund part à la recherche de Turin”), par J. R. R. Tolkien. À droite, dessins de Joseph Cadier, réalisés durant la construction du Palais idéal, côté nord

À gauche, “Glorund Sets Forth to Seek Turin” (“Glorund part à la recherche de Turin”), par J. R. R. Tolkien. À droite, dessins de Joseph Cadier, réalisés durant la construction du Palais idéal, côté nord.

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« Féérique » : le facteur Ferdinand Cheval, concepteur du Palais idéal, et J. R .R. Tolkien, auteur du Seigneur des anneaux – qui font l’objet d’une exposition croisée – revendiquent tous les deux le terme pour caractériser leur œuvre. Leurs conceptions, pourtant, divergent. Qu’est-ce donc que le « féérique » ?

 

Palais idéal

« Que faire en marchant perpétuellement dans le même décor, à moins que l’on ne songe ? », se demande un jour Ferdinand Cheval, au détour de la tournée quotidienne – toujours la même – à laquelle l’astreint son travail de facteur. « Pour distraire mes pensées, je construisais en rêve un palais féerique dépassant l’imagination. » Ce qui n’est alors qu’un rêve devient réalité un jour de 1876 : « Mon pied heurta une pierre qui faillit me faire tomber. » Pierre singulière, semblable à une sculpture, à la forme aussi étrange que celles qu’imagine le facteur. C’est décidé : « Puisque la nature fournit la sculpture, je me ferai architecte et maçon. » Trente-trois ans plus tard, le Palais idéal, « palais de fée » – qui fera la joie des surréalistes – est achevé. 

 

Terre du Milieu

Ce Palais idéal abrite aujourd’hui une exposition croisée qui confronte l’imagination débordante du célèbre facteur à celle, non moins foisonnante, de J. R. R. Tolkien, l’auteur du Seigneur des anneaux et père de l’heroic fantasy, qui, à l’instar de Cheval, passa des années à imaginer l’histoire, la géographie, les peuples, les langues de la Terre du Milieu. Le rapprochement n’est pas sans fondement. Tolkien a d’ailleurs écrit, explicitement sur la « Faërie ». Sa conception du féérique, développée dans l’essai Du Conte de fées, se révèle pourtant bien différente de celle de Cheval.

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