Du Xiaozhen. La discrète
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Cet article est issu du numéro 14 de Philosophie magazine « 14 - novembre 2007 », en kiosque le 25 octobre 2007. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Auteur d’essais sur Sartre et Lévinas, et traductrice de Camus, Bachelard, Derrida, ou encore Jullien et Weil, cette femme douce et modeste a importé la pensée française en Chine.
Elle tenait à ce que la rencontre se passe au café de Flore. Tout un symbole. Le Quartier latin, les existentialistes, Sartre, Beauvoir, mais aussi Camus. « À l’étage, nous serons tranquilles », propose-t-elle au téléphone. Du Xiaozhen a amené dans ses bagages la plaquette de présentation du Centre des études de la philosophie française, fondé en 2004 au sein de l’université de Pékin. C’est elle qui le dirige. Sur une vignette, on l’aperçoit aux côtés de Jacques Derrida. Une autre photo montre Paul Ricœur, tout seul et tout petit, devant une gigantesque statue de Lao Tseu. C’est son chouchou. « Quand il est venu à Pékin, sa générosité m’a frappée. Ce que j’apprécie beaucoup, c’est qu’il n’exclut pas les autres courants de pensée, explique-t-elle. Sartre et Foucault sont plus durs. Même si je les admire, je préfère en tant que Chinoise les personnalités moins violentes. » Elle-même a des manières douces, réservées. Elle préfère parler de son Centre que d’elle-même : « Je ne suis pas une vraie philosophe, je suis seulement professeur. »