Hors-série "Foucault. Le courage d’être soi"

Duane Michals : la pensée, l’émotion

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Cet article est issu du Hors-série n°N° 36 de Philosophie magazine « Foucault. Le courage d’être soi », en kiosque le 21 décembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Le photographe Duane Michals (1932-) se définit comme un écrivain de la photo. Il réalise des séquences d’images au lieu d’images uniques « décisives ». Cet aspect narratif de son œuvre a séduit Foucault, qui voyait dans ses photos des expériences singulières, faites de récits fragmentés qui « font circuler l’image dans la pensée ».

 

Une rencontre

Michel Foucault découvre Duane Michals en 1982, au musée d’Art moderne de la ville de Paris : il rédige, à l’instigation de son ami Hervé Guibert, la préface, intitulée « La pensée, l’émotion », au catalogue de l’exposition. Ces photos, écrit-il, « m’attirent comme expériences […] qui n’ont été faites que par lui ; mais qui, je ne sais trop comment, glissent vers moi, […] suscitant des plaisirs, des inquiétudes, des manières de voir, des sensations que j’ai déjà eues ou que je pressens devoir éprouver un jour. »


Ellipses

Les séquences de photos, souvent unifiées par un titre, sont rarement le récit d’un événement. Le plus souvent, note Foucault, elles éludent ce qu’on s’attendrait à les voir capter : « Une porte s’ouvre lentement, la femme assise sur le canapé est surprise ; elle se retourne un peu, puis, brusquement, se lève dans un mouvement de frayeur qui fait bouger son image et l’efface ; la porte s’ouvre sur rien. »

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