Vie quotidienne
Éloge du fiasco : l’art de se vautrer avec panache
© Orla/iStockphoto
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Fiasco : c’est le nom (peut-être programmatique ?) de la nouvelle série réalisée par Pierre Niney et Igor Gotesman et diffusée à partir du 30 Avril sur la plateforme Netflix. Le terme désigne un art : celui de rater de manière spectaculaire. Ces bides, fours et autres plantades en règle font rougir ou blêmir. Mais ne font-ils pas le sel de l’existence ? La réponse des philosophes, qui maîtrisent si bien l’art d’échouer.
Il existe bien des manières de rater lamentablement, de « faire un fiasco ». Mais pour rater vraiment et copieusement – il faut avoir tenté de faire quelque chose de grand. C’est le cas de Raphaël Valande, le personnage de Pierre Niney, dans la série Fiasco [en ligne le 30 avril sur Netflix], qui essaie laborieusement de réaliser un film historique en hommage à sa grand-mère résistante. Comme l’indique le titre : tout va évidemment aller de mal en pis.
La série dépeint l’essence même du fiasco : celle d’être une débâcle qui survient en cascade – « en escadrille », aurait dit Jacques Chirac. La défaite est ici un désastre qui va crescendo, qui s’enfonce progressivement pour devenir de plus en plus patente. À l’inverse de l’échec brutal, qui évoque une interruption définitive et nette, le fiasco renvoie donc à une forme d’enlisement à la fois spectaculaire et mémorable. C’est d’ailleurs cette dimension théâtrale et extraordinaire qui en fait un matériau de premier choix pour la comédie.