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Et si les Libanais instauraient la laïcité ?
Des citoyens libanais brandissent le drapeau national lors d’une manifestation près du port de Beyrouth, le 11 août dernier. La récente explosion, à l'origine de la mort de plus de 200 habitants, est largement perçue par la population locale comme la conséquence directe d’une gestion désastreuse des affaires publiques par le gouvernement libanais. © STR/NurPhoto/AFP
A l’heure où le Liban fait face à une urgence sanitaire, économique et politique sans précédent, se pourrait-il que la laïcité soit une urgence tout aussi vitale ? C’est l’hypothèse audacieuse de l’écrivaine Dominique Eddé, qui suit activement les mouvements citoyens depuis les grandes manifestations d’octobre 2019 contre le confessionnalisme.
- Le régime libanais est sclérosé par le partage des pouvoirs entre les communautés religieuses (le président est chrétien maronite, le Premier ministre sunnite, le président de la Chambre des députés chiite, etc.). L’État reconnaît dix-huit communautés auxquelles sont assignées les citoyens.
- Ce système a favorisé la corruption et le clientélisme, et abouti à la destruction de tous les services publics et une dette qui atteint 180% du PIB. Construire un État laïc dans un pays multiconfessionnel est, défend Dominique Eddé avec conviction, la seule utopie possible face à la faillite.