L’expression

Existe-t-il un bon “du coup” ?

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Cet article est issu du numéro 181 de Philosophie magazine « Peut-on devenir meilleur ? et si oui, comment ? », en kiosque le 11 juillet 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

C’est l’ennemi numéro un de ceux qui déplorent le déclin de la langue française. Pourquoi dire « du coup » en lieu et place d’innombrables autres possibilités : « donc », « par conséquent », « de ce fait » ? L’expression n’est pas si récente. Céline ou Aragon l’utilisent. Elle s’emploie d’abord littéralement : « Un poing le frappa et il tomba assommé du coup » (Académie française), avant de prendre un sens figuré pour indiquer tantôt une conséquence, tantôt une succession temporelle très rapide. Souvent, les deux se mêlent : la cause et l’effet sont quasi simultanés. Les expressions « tout d’un coup » ou « du même coup » vont dans ce sens. Toutes les formes de causalité ne relèvent sans doute pas de cette immédiateté. Mais dans un monde où tout s’accélère, n’est-il pas compréhensible que « du coup » s’impose ?