Face au juge

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Selon le droit français, les mineurs à partir de 7-8 ans sont en mesure d’évaluer la portée de leurs actes. Mais, selon le magistrat Jean-Pierre Rosenczveig, rares sont ceux qui comprennent ce qu’est la justice.

Dans le bureau d’un juge pour enfants, on se retrouve soit face à des mineurs en danger (justice civile), soit face à des mineurs qui ont commis des délits (justice pénale). En matière civile, le rôle du juge est de protéger les intérêts de l’enfant eu égard à sa situation familiale. Au cours de l’audience, il tente de l’impliquer, en lui donnant la parole – il ne faut pas qu’il ait l’impression d’être l’“objet” de la procédure. Cependant, dans la très grande majorité des cas, les très jeunes enfants ne s’expriment pas. Ce sont plutôt leurs comportements qui trahissent leurs sentiments : par exemple, quand les parents se déchirent, ils vont leur prendre successivement la main pour montrer leur souhait de n’être coupés ni de l’un ni de l’autre. Mais soyons réalistes : s’ils peuvent saisir la gravité de la situation, ils n’ont pas de “représentation” de la justice comme notion, et si on leur explique qu’ils sont face à un juge, cela n’a pas de sens pour eux. Déjà les adultes connaissent et comprennent mal la nature de la justice pour enfants – certains me demandent même : “Combien je vous dois, docteur ?” –, alors les enfants…

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