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Faire tomber le masque de l’IA en trois livres

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Faire tomber le masque de l’IA en trois livres

©Shawn Suttl/Pixabay

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Cet article est issu du numéro 199 de Philosophie magazine « À qui appartient mon temps ? », en kiosque le 29 avril 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

L’intelligence artificielle et ses grands modèles de langage se répandent à une vitesse fulgurante. La philosophe Marie-José Mondzain, le romancier et avocat Abel Quentin et le psychologue Serge Tisseron proposent chacun un chemin de résistance contre l’aura hypnotique de cette machine parlante. 

 

Sur ce que pense Marie-José Mondzain de l’intelligence artificielle (IA), le lecteur est vite fixé. ChatGPT, en produisant des textes à notre place, constitue une « décapitation symbolique » où le pouvoir humain de s’exprimer, de penser et de créer est récupéré par la « machinerie artificieuse » de quelques « maîtres milliardaires ». Le titre de son essai, Peine Kapital, désigne le capitalisme au stade d’un « régime mondialisé et décervelé » où nous nous diluons dans le « consensus hypnotique » d’un robot débitant des énoncés probables, souvent faux, reflets des discours majoritaires qui remplissent ses bases de données gigantesques. Alors que faire ? Comment défendre « notre accès à la parole, à l’exercice de notre intelligence, à la défense de nos droits et à la turbulence créatrice de nos rêves ? »

Altérer le visage de la machine

Mondzain a mis en scène une conversation avec l’IA. Non pas pour en montrer les dangers ou les prouesses, mais pour en altérer le visage. Pour la philosophe spécialiste de l’image, qui a exploré la crise de l’iconoclasme à Byzance comme l’art visuel ou la publicité moderne, le réveil survient parfois en cheminant au cœur de l’imaginaire. Elle se met dans les pas de l’Alice de Lewis Carroll, où le personnage de Humpty Dumpty incarne un raisonneur vaniteux, maître des significations et figure du pouvoir tyrannique de son temps. Dans ce dialogue spéculaire avec ChatGPT, ce dernier n’est plus un cerveau surpuissant. Il apparaît comme un robot servile qui conforte toujours les dires de son interlocutrice en mimant son niveau de langage. Et sa diligence enthousiaste ne faiblit même pas quand il est sommé de justifier qu’il est un « âne » ou un « maître ignorant », sur un mode académique ou satirique. 

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