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Faits comme des rats ?
L’adjoint au maire du XIe arrondissement Grégory Moreau avec un surmulot sur l’épaule pour sensibiliser à leur sort. © capture d’écran du compte X de Gregory Moreau (@GrgoryMoreau3)
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Cet article est issu du numéro 192 de Philosophie magazine « L’IA et moi », en kiosque le 21 août 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Que fait donc Grégory Moreau, adjoint au maire du XIe arrondissement de Paris et membre du Parti animaliste, avec un rat – plus précisément, un surmulot, Rattus norvegicus – sur l’épaule ? La vidéo, publiée sur les réseaux sociaux en collaboration avec l’association Futur, entreprend de modifier notre regard sur ce rongeur mal aimé, dont la masse grouillante suscite un sentiment de dégoût. « “Sale, dangereux, porteur de maladies” : autant de stéréotypes utilisés pour justifier l’extermination des rats. Pourtant, ce sont des animaux intelligents, solidaires et affectueux. » Des animaux qui, du reste, peuvent rendre certains services au sein des écosystèmes urbains, comme l’élimination de certains déchets. Pour Grégory Moreau, l’objectif devrait être non l’extermination mais l’invention d’autres manières de cohabiter pacifiquement : empêcher ou dissuader le surmulot d’envahir les espaces humains (blocages des passages empruntés, nettoyages ciblés), tout en lui ménageant une place dans le métabolisme des villes. Comme le soulignent les philosophes Sue Donaldson et Will Kymlicka dans leur essai Zoopolis (2011), la ville n’est pas seulement notre milieu de vie, elle est aussi le leur : ils « se sont adaptés à la vie parmi les humains, même au cœur des villes », en dépit des « efforts agressifs de l’homme pour les décourager » ou les éliminer. « La plupart des êtres humains considèrent que ces animaux sont pour ainsi dire inutiles. […] Pourtant, plus encore que les autres opportunistes, nous devons admettre que ces animaux sont ici chez eux. »