France / Politique
François Bayrou, le “bon roi” et le philosophe
Conseil municipal de Pau le 25 novembre 2024, présidé par François Bayrou. © David Le Deodic / Sud Ouest / Maxppp
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Cet article est issu du numéro 186 de Philosophie magazine « Qu'est-ce qu’un rapport sain à l’argent ? », en kiosque le 16 janvier 2025. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Le nouveau Premier ministre prétend marcher dans les pas d’Henri IV, dont il fait le modèle du « réconciliateur ». Mais parviendra-t-il à tenir cette position de surplomb et à dépasser les oppositions ?
« Lo que a de ser no puede faltar », « Ce qui doit arriver ne peut pas manquer ». Cette devise inscrite sur le portail du château de Coarraze, près de Pau, François Bayrou en a fait sa devise. Est-ce cette détermination qui l’a poussé à forcer Emmanuel Macron à le nommer Premier ministre ? Ou la conviction d’être un homme providentiel, dans les pas d’Henri IV ? L’élu béarnais l’a affirmé au soir de sa nomination, le 13 décembre : « Tout le monde se dit qu’il y a un chemin à trouver qui réunisse les gens au lieu de les diviser. Et ça tombe bien parce que c’est aujourd’hui l’anniversaire de la naissance d’Henri IV sur qui j’ai beaucoup écrit […], parce que je pense que la réconciliation est nécessaire. » L’agrégé de littérature s’explique dans la biographie qu’il lui consacre en 1994 : « Rencontrer Henri de Navarre, c’était rencontrer le Réconciliateur. » Car « il nous dit qu’aucune réconciliation n’est impossible pourvu que les hommes publics acceptent de sortir de leurs livres et de leurs rapports, de leurs jeux de cour, acceptent de s’affranchir des clans et de la coutume ». Bayrou en fait donc le discours de sa méthode politique.