François Jullien : “Soyons attentifs aux transformations silencieuses”
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Cet article est issu du numéro 41 de Philosophie magazine « 41 - été 2010 », en kiosque le 01 juillet 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
En éclairant les manques de la pensée européenne par les choix de la pensée chinoise et inversement, le philosophe s’attache à cerner le long processus qui mène à l’événement « sonore ».
À vous lire, on a le sentiment que rien n’est moins chinois que l’idée sartrienne de l’acte radical qui engage une vie…
Je constate que domine, en Europe, une conception de la vie à partir de l’action, et donc du choix permettant l’action, et donc de la liberté qui permet ce choix. Cela nous vient de la praxis des Grecs, de l’épopée, du théâtre. On a appris à isoler un segment de conduite qu’on appelle l’action, avec un début et une fin. Je n’ai pas rencontré cela chez les Chinois : eux ont affaire à de la conduite, à de la régulation, à du cours. Cela fait que les questions si importantes pour nous – « comment je m’engage dans… ? » et « quel est le début de… ? » – n’ont pas lieu en Chine.