Gisèle Siguier-Sauné : « Le corps est parole, communication, échange »
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Cet article est issu du numéro 32 de Philosophie magazine « 32 - septembre 2009 », en kiosque le 27 août 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
L’exercice de la pensée, en Inde, est inséparable de pratiques corporelles, passant aussi bien par le yoga que par des rituels quotidiens. Il en découle, pour Gisèle Siguier-Sauné, un rapport à la vérité qui implique le dessaisissement.
Qu’est-ce que la pratique du yoga et de la méditation a changé dans votre rapport à la philosophie ?
Je me suis mise au yoga à l’âge de 22 ans, alors que je venais de terminer ma maîtrise de philosophie sur la Bhagavad-Gita. J’ai alors découvert, tout bêtement, que la recherche de la vérité m’impliquait entièrement : en tant qu’être pensant, mais également en tant que corps occupant un certain lieu dans l’espace, un corps sensitif animé d’une énergie de vie qu’il est absurde de penser maintenir hors de soi. La conscience sensorielle fait partie intégrante de la quête de vérité. L’exercice de la pensée en Inde est inséparable d’une pratique corporelle. Il ne s’agit pas forcément du yoga. Ce sont déjà les rituels quotidiens, dans lesquels le geste accompagne la parole ; où la parole, à travers la juste posture et l’attention au souffle, s’ancre dans une expérience corporelle.