France / Société
Grève en pointillé. La méthode Sunzi
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Cet article est issu du numéro 119 de Philosophie magazine « Le culte de la perfection. Jusqu’où s’améliorer ? », en kiosque le 26 avril 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Les syndicats de la SNCF ont choisi d’arrêter le travail deux jours sur cinq pendant trois mois. En changeant de stratégie, ils semblent suivre les principes de l’auteur chinois du célèbre traité du VIe siècle avant notre ère, “L’Art de la guerre”.
La grève à la SNCF ? Tout le monde connaît. Pourtant, le mouvement social contre la suppression du statut de cheminot déploie quelque chose d’inédit dans la méthode. Un responsable de la CFDT évoque « une mobilisation innovante », un « marathon » plutôt qu’un « sprint ». Traditionnellement, une grève vaut en ce qu’elle ne s’interrompt pas un seul instant. Il s’agit pour les travailleurs de concentrer toutes leurs forces et de cesser le travail jusqu’à ce que leurs employeurs cèdent. L’essentiel est la continuité. Or le mouvement social de ce printemps est une grève en pointillé, deux ou trois jours sur cinq pendant trois mois. Imaginez une partie de bras de fer durant laquelle on fait une pause toutes les cinq secondes ! Les syndicats affichent leur souci du confort des usagers, en leur présentant à l’avance un planning des jours où il vaut mieux éviter de prendre le train.