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“Hate-watching” : pourquoi sommes-nous fascinés par ce que l’on déteste ?

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“Hate-watching” : pourquoi sommes-nous fascinés par ce que l’on déteste ?

© lisa_l/iStockphoto

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Regarder des émissions de téléréalité alors que l’on trouve cela stupide, suivre sur les réseaux une starlette que l’on méprise, aller au bout d’une série qui nous fait bâiller d’ennui… Pourquoi sommes-nous fascinés par ce que nous détestons ? Parce qu’au fond, nous éprouvons du désir pour ce que nous disons abhorrer, répond René Girard.

 

Le terme « hate-watching » désigne, à sa récente origine, la tendance à regarder une série que l’on juge très mauvaise. L’expression est apparue en 2012 sous la plume de la journaliste américaine Emily Nussbaum, suite à son visionnage de la série Smash, qu’elle avait trouvée tout à fait médiocre mais qu’elle n’avait pu se réfréner de regarder à intervalles réguliers. Le hate-watching (que l’on pourrait traduire par « visionnage haineux », ou « regardétester » !) désigne précisément cet étrange mélange de mépris et de fascination qui pousse malgré tout à s’intéresser à ce que l’on hait. Attribué d’abord à des films et des séries, ce terme peut être étendu à des célébrités, personnalités politiques ou polémistes en tous genres. Les hate watchers sont néanmoins à distinguer des haters actifs (que la culture internet traduit souvent par « rageux »), ces individus qui passent des heures à poster des commentaires agressifs et à opérer des raids – des campagnes de harcèlement en ligne – contre un ennemi désigné sur les différents réseaux sociaux. En comparaison, les hate watchers, muets et donc plutôt inoffensifs, appartiennent à une toute autre catégorie de « détestateurs » silencieux profondément intrigante.

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