La notion
Héliocène
©David Monje/unsplash
Cet article est issu du numéro 144 de Philosophie magazine « Enquête sur la fusion du travail et de la vie », en kiosque le 29 octobre 2020. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Nous sommes entrés dans une nouvelle ère : l’Anthropocène. Mais quel nom donner au prochain âge géologique ? La question est tout sauf anodine, selon la paléo-océanographe américaine Summer Praetorius, car la manière dont nous nommons l’avenir conditionnera notre manière d’agir. Et la scientifique de proposer le terme d’Héliocène, « l’âge du Soleil », pour envisager notre futur. « Chaque année, argumente-t-elle, le Soleil diffuse vers la Terre 5 000 fois nos besoins énergétiques. Notre défi consiste à trouver comment construire des réceptacles assez grands » pour emmagasiner cette puissance « en temps réel » – plutôt que d’exploiter la « lumière solaire passée », dont l’énergie est entreposée dans les résidus végétaux devenus pétrole ou charbon. L’avènement de « cellules solaires » techniques pourrait constituer une rupture aussi importante que l’apparition de la photosynthèse végétale. Une manière, aussi, de mettre fin à ce que le philosophe Michael Marder considère comme un sacrilège permanent : en utilisant du charbon et du pétrole, « nous réanimons des dépouilles végétales [et] nous les forçons à abîmer l’atmosphère produite par les plantes vivantes ».