L’aventure d’un classique

Henri Bergson, fervent admirateur de William James

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Cet article est issu du numéro 166 de Philosophie magazine « Préférons-nous l’ordre ou le désordre ? », en kiosque le 12 janvier 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

William James et Henri Bergson ont entretenu une amitié et une correspondance soutenue, nourrie de l’appétit de Bergson pour toute pensée nouvelle et par la reconnaissance d’un intérêt commun pour le flux de l’expérience et de la vie. Bergson admirait tant son ami qu’il a rédigé une préface au Pragmatisme, parue en 1911 avec la première traduction française de l’ouvrage.

 

Henri Bergson
« Sur le pragmatisme de William James. Vérité et réalité », 1911

 

« […] On comprendrait mal le pragmatisme de James si l’on ne commençait par modifier l’idée qu’on se fait couramment de la réalité en général. On parle du “monde” ou du “cosmos” ; et ces mots, d’après leur origine, désignent quelque chose de simple, tout au moins de bien composé. On dit “l’univers”, et le mot fait penser à une unification possible des choses. On peut être spiritualiste, matérialiste, panthéiste, comme on peut être indifférent à la philosophie et satisfait du sens commun : toujours on se représente un ou plusieurs principes simples, par lesquels s’expliquerait l’ensemble des choses matérielles et morales.

C’est que notre intelligence est éprise de simplicité. Elle économise l’effort et veut que la nature se soit arrangée de façon à ne réclamer de nous, pour être pensée, que la plus petite somme possible de travail. Elle se donne donc juste ce qu’il faut d’éléments ou de principes pour recomposer avec eux la série indéfinie des objets et des événements.

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