Octobre 2026
Philosophie Magazine #203
Du latin utilis, dérivé de uti- : « se servir de », « jouir ». Qui peut être profitable, avantageux, efficace. En philosophie, ce concept est souvent critiqué parce qu’il s’oppose à la démarche « désintéressée » de la quête de vérité et de sagesse. Ainsi, lors de son procès, Socrate est raillé par les sophistes parce que sa philosophie ne lui est d’aucune utilité pour se défendre. L’utile est en outre relatif : rien n’est utile en soi mais toujours selon un contexte ou un projet donné. Il ne faut donc pas confondre l’utile et le nécessaire. La notion d’utilité est toutefois réhabilitée au XVIIIe siècle dans la pensée anglo-saxonne avec « l’utilitarisme » de Bentham, qui mesure la valeur d’un acte à ses effets positifs calculables. À la fin du XIXe siècle, aux États-Unis, le « pragmatisme » de Charles Sanders Peirce et de William James valorise aussi l’utile : « Le vrai consiste simplement dans ce qui est avantageux pour notre pensée », écrit William James.
Dans un tramway roulant à toute vitesse est assise une seule personne, tandis que sur les rails sont installés trois badauds qui risquent de mourir écrasés. L’aiguillage à portée de main, vous pouvez choisir de faire dérailler le tramway : sacrifier un passager, sauver trois malheureux. Le faites-vous ?
A priori, le petit John avait tout du fils à papa. Poussé par un père exigeant, il fut l’un des esprits les plus brillants de son temps qui, à huit ans, avait déjà lu de nombreux livres d’histoire et des dialogues de Platon, avant d’étudier, dès douze ans, la Logique d’Aristote dans le texte, puis de se tourner vers les mathématiques et l’économie... comme papa !
Y a-t-il dans ce monde quelque chose de fixe, de toujours vrai, d’absolument juste, de vraiment beau ? Ou bien faut-il admettre que tout change suivant les lieux, les époques et les esprits… Que la vérité appartient aux beaux-parleurs, le pouvoir aux plus rusés ou aux plus violents, la morale aux hypocrites ? C’est contre le « tout se vaut » que s’insurge Platon.
« Platon, Locke, Spinoza, Mill, Caird, Hegel – et j’aurai la prudence de taire les noms de ceux qui sont plus proches de nous – ne sont sans doute pour beaucoup d’entre vous, chers auditeurs, qu’autant de façons de manquer son but. Si ces visions du monde étaient vraies, ce serait une absurdité totale » : voilà qui s’appelle jouer des coudes pour se faire une place dans l’histoire.
Revenir à l’expérience – tel est le geste radical de John Dewey, placé sous l’influence des fondateurs du pragmatisme William James et Charles Sanders Peirce. Et cela est valable dans tous les domaines : esthétique, éthique, pédagogie et politique.
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Cela peut paraître surprenant, mais les philosophes William James et Henri Bergson ont entretenu une amitié soutenue, par-delà l’océan Atlantique et une…
Peu répandu en France ou mal compris, le pragmatisme connaît pourtant une large postérité, notamment chez les penseurs de la démocratie et de l’environnement.
William James et Henri Bergson ont entretenu une amitié et une correspondance soutenue, nourrie de l’appétit de Bergson pour toute pensée nouvelle et par la reconnaissance d’un intérêt commun pour le flux de l’expérience et de la vie…
Quelles sont les conséquences pratiques d’une philosophie, d’un concept, d’une idée ? C’est la question qui anime William James. En proposant…