L’aventure d’un classique
William James, l’expérience en héritage
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Cet article est issu du numéro 166 de Philosophie magazine « Préférons-nous l’ordre ou le désordre ? », en kiosque le 12 janvier 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Peu répandu en France ou mal compris, le pragmatisme connaît pourtant une large postérité, notamment chez les penseurs de la démocratie et de l’environnement.
Les fondateurs
Peirce (1839-1914)
Il est considéré comme le père fondateur du pragmatisme, avec son article paru en 1878, « Comment rendre les idées claires ? ». Même si le texte ne comporte pas le terme pragmatisme, Peirce y énonce ce qu’il appellera plus tard la maxime pragmatique : « Considérer quels sont les effets pratiques que nous pensons pouvoir être produits par l’objet de notre conception. La conception de tous ces effets est la conception complète de l’objet. »
Dewey (1859-1952)
Dewey s’est intéressé à des domaines variés – philosophie, pédagogie, psychologie. Il trouve dans le pragmatisme des outils pour repenser un enseignement qui lui paraît déconnecté du monde réel et en tire la conclusion que l’expérience doit être au cœur de tout apprentissage. « La matière de la pensée n’est pas des pensées mais des actions, des faits, des événements et les relations des choses. En d’autres termes, pour penser effectivement on doit avoir eu ou avoir maintenant des expériences qui fourniront les moyens de faire face à la difficulté présente », affirme-t-il dans Démocratie et Éducation (1916).