Divergences
Pourquoi retient-on les choses futiles ?
Illustration © Séverine Scaglia pour PM
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Cet article est issu du numéro 173 de Philosophie magazine « Peut-on être en accord avec soi-même ? », en kiosque le 21 septembre 2023. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Presque malgré nous, les connaissances, anecdotes et souvenirs superflus encombrent notre mémoire et resurgissent parfois dans notre quotidien. Afin de savoir pourquoi, quatre philosophes vont à l’essentiel.
Parce que le savoir est libre / Aristote (v. 384-322 av. J.-C.)
L’étonnement est mère de la philosophie. C’est la curiosité, plus que la finalité ou l’utilité, qui doit pousser un homme dans la recherche de la vérité. Distinguant les sciences pratique et productive de la pure théorie, Aristote fait de cette activité, tant spéculative que contemplative, une fin en soi. Dans sa Métaphysique, il rappelle que « si ce fut bien pour échapper à l’ignorance que les premiers philosophes se livrèrent à la philosophie, c’est qu’évidemment ils poursuivaient le savoir en vue de la seule connaissance et non pour une fin utilitaire ». Libérés ainsi de l’obligation de la nécessité ou de l’utilité, on se cultive en apprenant et mémorisant à loisir. Pour la beauté du geste ?