Dossier / “Peut-on devenir meilleur ? Et si oui, comment ?”

Mélioristes de tous les pays, unissez-vous !

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Mélioristes de tous les pays, unissez-vous !

© Pupa Neumann/plainpicture

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Cet article est issu du numéro 181 de Philosophie magazine « Peut-on devenir meilleur ? et si oui, comment ? », en kiosque le 11 juillet 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Alors que la perspective d’un progrès collectif nous emportant vers une société plus juste et plus éclairée s’est éclipsée, chacun aspire, en son for intérieur, à développer « la meilleure version de soi-même ». Ne serait-il pas temps de se demander si et comment nous pouvons faire mieux ensemble ?

 

L’autre jour, en entendant mon père me raconter avec enthousiasme la soirée qu’il avait passée avec ma mère dans un petit restaurant près de chez eux, j’ai été saisi d’une question troublante. Mes parents ont près de 80 ans, ils sont mariés depuis plus de cinquante ans. Pendant toute mon enfance, ils n’ont cessé de se chamailler au point d’installer en moi l’idée que le conflit et la dispute sont les ingrédients incontournables de la vie conjugale. Aujourd’hui, à l’image de leur soirée enchantée au restaurant, ils me donnent l’impression de s’entendre mieux que jamais. D’où mon trouble et ces questions : dans nos liens avec les autres comme dans nos compétences, professionnelles, morales ou affectives, avons-nous des chances de progresser ? Pouvons-nous devenir meilleurs – ami, amant, parent, travailleur, citoyen ? Et si oui, comment ? Est-ce l’expérience des réussites et des échecs ? Est-ce la confrontation avec l’adversité, le travail sur soi ou le retour des autres ? Y a-t-il des disciplines qui nous permettent, dans tous les domaines, de faire « la même chose, en mieux » ? 

Selon le cliché, nous sommes voués, après une période d’initiation liée à l’apprentissage, à nous stabiliser – c’est la maturité – pour préserver ensuite nos acquis le plus longtemps possible. Il en va de même de nos compétences sociales et psychologiques : après une période d’incubation pendant l’enfance et l’adolescence, nous nous fixons autour de traits de personnalité et d’attitudes fondamentales (réservé, empathique, expansif, etc.) qui ne bougent plus trop et grâce auxquelles les autres nous reconnaissent. Ne serait-il pas possible d’envisager un schéma de développement plus souple, plus ouvert ? Au lieu de nous scléroser, apprendre à nous défaire de nos complexes et de nos travers les plus rigides ?  Comme le professeur, le médecin ou l’artisan sont appelés à se perfectionner dans leur travail, n’avons-nous pas nous aussi une marge de progression dans la vie amoureuse, pour nos aptitudes éthiques et psychologiques ?

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