Neurosciences / Éthique

Invisibles et trop confiants?

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Cet article est issu du numéro 90 de Philosophie magazine « La santé, c'est dans la tête ? », en kiosque le 28 mai 2015. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Des chercheurs suédois ont mesuré les effets de l’invisibilité sur l’anxiété par rapport aux autres. Leur étude réactive un thème classique de la philosophie depuis Platon : la puissance de l’invisibilité.

Imaginez un instant que vous possédiez le don d’invisibilité, seriez-vous certain de continuer à vous comporter comme vous le faites, en respectant la civilité et le droit ? Ne profiteriez-vous pas de cette licence de passe-muraille pour en tirer quelques profits : faire votre marché à l’œil, entrer dans le lit de l’aimé(e), échapper à vos créanciers, que sais-je ? Réfléchissez bien… Platon doute qu’il y ait « personne d’assez résistant pour se maintenir dans la justice et avoir la force de ne pas attenter aux biens d’autrui ». À l’appui, il imagine au livre II de La République le mythe de Gygès le Lydien, découvreur d’un anneau d’or magique qui, tourné vers l’intérieur, rend invisible. Gygès le berger use rapidement de ce pouvoir pour séduire la reine de Lydie, tuer le roi et s’emparer du trône. Dans une ample discussion sur la justice, l’apologue montre que « où chacun croit possible de commettre l’injustice, il le fait ».

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