La mort

Irvin Yalom. « Nous pouvons vivre des expériences d’éveil »

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Cet article est issu du numéro 44 de Philosophie magazine « 44 - novembre 2010 », en kiosque le 28 octobre 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Là où la plupart des psychanalystes ont l’habitude d’explorer les angoisses de castration ou de séparation, le thérapeute et écrivain américain Irvin Yalom préfère directement aborder la question de la mort avec ses patients. Explications.

 

Le sens commun, en accord avec La Rochefoucauld, professe que « le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement ». Qu’en pensez-vous ?

Toute mon activité de thérapeute m’a démontré le contraire. Car si la réalité physique de la mort détruit l’homme, l’idée de la mort le sauve. En regardant la mort en face, on peut vivre des expériences d’éveil : c’est ce que Nietzsche veut faire comprendre lorsqu’il dit que « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ».

 

Qu’est ce qu’une « expérience d’éveil » ?

Une expérience d’éveil peut survenir en de nombreuses circonstances – la mort d’un ami, une maladie grave, un licenciement ou l’installation dans une maison de retraite. Dans tous les cas, il y a une prise de conscience que l’on n’est pas tout-puissant, mais au contraire mortel. Cela incite à mieux aimer ce qui nous est donné, et à vivre donc une vie moins futile et plus authentique.

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