James Alison. Prêtre, gay et inspiré par René Girard

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Cet article est issu du numéro 135 de Philosophie magazine « Peut-on se mettre à la place des autres ? », en kiosque le 28 novembre 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La façade jaune pâle est décrépite. Au-dessus d’un rideau métallique tagué, on peut lire : « Comunidad cristiana LGTB ». C’est ici, dans une ruelle du quartier de la Justicia, au centre de Madrid, que James Alison célèbre la messe pour les croyants LGBT depuis plus de quatre ans. « Je suis un prêtre clandestin », sourit-il. Une vie à parcourir le monde pour prêcher auprès des minorités sexuelles comme on traverse un désert. À Mexico, où il est entré dans l’ordre des dominicains en 1981, il a officié plus récemment dans des paroisses jésuites. À São Paulo, où il a vécu, il accueillait les fidèles dans son appartement. À Paris, où il est invité de temps en temps, il se rend dans l’atelier d’une famille amie pour délivrer la bonne parole.

Homosexuel – il tombe amoureux d’un garçon dès l’âge de 9 ans –, James Alison est issu d’un milieu anglican évangélique traditionaliste, « la ligne la plus dure ». Son père était un député conservateur, l’un des représentants de la droite religieuse britannique auprès de Margaret Thatcher. « À 18 ans, j’ai fait mon coming-out. Cela ne s’est pas bien passé. Au point que j’en suis venu à cette alternative : le suicide ou l’exil. » À 21 ans, il choisit l’exil. Il se convertit au catholicisme puis fuit son pays pour atterrir au Mexique. C’est là qu’il commence son parcours vers l’ordination.

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