Portrait
Jean Cavaillès, le résistant par logique
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Cet article est issu du numéro 29 de Philosophie magazine « 29 - mai 2009 », en kiosque le 30 avril 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Mathématicien brillant, mais aussi résistant ayant manié l’explosif, Jean Cavaillès s’est dressé, au nom de la recherche de la vérité, face à la barbarie.
Peut-on concilier l’intérêt pour les mathématiques et la logique avec le goût pour les explosifs ? Cavaillès présente la double figure d’un grand philosophe des sciences et d’un héros de la Résistance. Né en 1903, fils de militaire et de confession protestante, il réalise des études brillantes, puisqu’il est reçu major à l’École normale supérieure en 1923 et agrégé de philosophie en 1927. Il s’intéresse à l’histoire des mathématiques, qu’il conçoit non comme une discipline régie par des essences immuables, mais comme un processus de découverte en perpétuel devenir. En 1938, Cavaillès soutient sa thèse principale, Méthode axiomatique et formalisme, et sa thèse complémentaire, Remarques sur la formation de la théorie abstraite des ensembles, où il dresse un portrait du mathématicien en créateur rebelle qui « ne se plie pas à ce qui semble aller de soi » et « rejette l’autorité de tradition ».