Jūnzĭ

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Cet article est issu du numéro 114 de Philosophie magazine « Comment vivre avec l’idée de la mort ? », en kiosque le 26 octobre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Langue d’origine : chinois

L’homme véritable est, avant tout, chez Confucius, un être formé, éduqué, au sens le plus complet du terme. Il est l’homme de culture, celui à qui la culture a donné forme. Cette compréhension de la culture comme ce qui donne « forme » à l’homme n’est d’ailleurs pas sans rappeler le nom allemand Bildung que l’on traduit par « culture » mais qui signifie littéralement « formation ». Cet homme « cultivé » ayant atteint la belle délimitation de tout son être et qui sait s’y tenir entier est appelé en chinois jūnzĭ ; ce qui veut dire le « noble », ou l’« aristocrate » dans la langue courante. Toutefois, la dignité de sa condition n’est jamais envisagée par Confucius comme le fait de sa naissance, mais précisément par l’excellence de sa formation. Le mot même de jūnzĭ renvoie à l’ascendance, puisqu’il signifie littéralement fils de noble ou de roi. Cependant, et c’est là un fait intéressant, jūn (君), étymologiquement, a pour sens la loi édictée par la parole ou la parole en tant qu’elle fait loi, c’est-à-dire en tant qu’elle ordonne et institue. Le noble, le roi, l’aristocrate est donc fondamentalement défini non par son lignage mais par la qualité de sa parole qui, ordonnant (au sens de « mettre de l’ordre »), le rend digne de gouverner, parce qu’il est tout entier gouverné par ce monde des formes que l’on nomme parfois « civilisation ».

Les concepts liés à cet article

Confucianisme