Éclairage

Kant et les trois éthiques

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Cet article est issu du Hors-série n°60 de Philosophie magazine « Emmanuel Kant », en kiosque le 08 février 2024. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

La morale de Kant est une morale du devoir, dont d’autres auteurs contesteront le bien-fondé en lui opposant une morale des conséquences. Laquelle sera à son tour critiquée au nom d’une éthique des vertus.

 

I. Déontologisme

Kant est considéré comme la figure tutélaire d’une morale déontologique, c’est-à-dire fondée sur le devoir (« nom sublime », écrit-il). Dans cette approche, certaines actions sont considérées a priori comme absolument bonnes ou absolument mauvaises. Tuer est toujours, inconditionnellement, action condamnable. Mais mentir l’est également, même si ce mensonge ne lèse apparemment personne en particulier. Comme il le souligne dans une ­réponse à Benjamin Constant, qui affirmait l’existence d’un droit de mentir par humanité, « il suffit de définir le mensonge comme une déclaration intentionnellement fausse et point n’est besoin d’ajouter cette clause qu’il faut qu’elle nuise à autrui, que les juristes exigent pour leur définition. […] Car il nuit toujours à autrui : même si ce n’est pas à un autre homme, c’est à l’humanité en général, puisqu’il disqualifie la source du droit ». Les conséquences concrètes, particulières (anticipables mais toujours incertaines) de mon action n’entrent pas en ligne de compte : seul importe le fait que ma volonté soit entièrement déterminée par la soumission à son devoir, par le respect de la loi morale dont découle d’emblée obligations et interdits.

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