Football

Petite histoire du mercato (à l’épreuve de la morale kantienne )

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Match Stade de Reims - Paris Saint-Germain, stade Auguste-Delaune (Reims), le 29 août 2021. L’attaquant du PSG Kylian Mbappé discute avec l’attaquant du PSG Lionel Messi

Match Stade de Reims - Paris Saint-Germain, stade Auguste-Delaune (Reims), le 29 août 2021. L’attaquant du PSG Kylian Mbappé discute avec l’attaquant du PSG Lionel Messi. © Franck Fife/AFP

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Le départ de Lionel Messi du Barça, comme le suspense sur le transfert de Mbappé du PSG au Real Madrid, confirment que le football de haut niveau est devenu un marché à part entière, totalement abouti en tant que tel. Et les joueurs un capital, objet de spéculation permanente. Mais jusqu’où peut-on faire d’un footballeur une simple marchandise ? N’est-ce pas contraire à l’éthique kantienne, selon laquelle l’homme ne doit jamais être traité seulement comme un moyen mais toujours aussi comme une fin ?

La période de l’instrumentalisation

« Les joueurs sont des esclaves » ! C’est le titre de la tribune coup de poing du joueur Raymond Kopa (1931-2017), publiée dans le journal France Dimanche le 4 juillet 1963. Une affirmation qui paraît aujourd’hui choquante mais qu’il justifiait ainsi : « Aujourd’hui, en plein XXe siècle, le footballeur professionnel est le seul homme à pouvoir être vendu et acheté sans qu’on lui demande son avis. » En effet, les statuts de la Fédération Française de Football stipulaient à l’époque « qu’en signant un contrat professionnel, un footballeur devient un capital que l’on peut vendre au plus offrant. » Réduit à être un « capital », le joueur n’était qu’un moyen au service d’un club. Le texte contrevient en ce sens à l’impératif formulé par Emmanuel Kant dans Les Fondements de la métaphysique des mœurs (1785), qui enjoint chacun à traiter chaque homme « toujours en même temps comme fin, et jamais simplement comme moyen ».

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