Géopolitique
Kant, référence du pouvoir iranien ?
Ali Larijani, l’un des dirigeants les plus influents d’Iran, a consacré sa thèse à Kant. © Arash Khamooshi/Polaris/Starface
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Cet article est issu du numéro 198 de Philosophie magazine « Comment bien se disputer ? », en kiosque le 26 mars 2026. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Certains hauts dirigeants de la dictature iranienne – mais aussi des dissidents – ont trouvé dans le philosophe des Lumières matière à justifier leurs convictions. Explications.
Éminence grise d’Ali Khamenei, Ali Larijani était chargé notamment de la répression brutale des manifestations populaires de janvier 2026. Il était aussi un prétendant à la succession de l’ayatollah au poste de guide suprême. L’Assemblée des experts – le collège du clergé chiite – a finalement opté pour le fils de Khamenei, Mojtaba. Larijani n’en est pas moins resté l’un des piliers du régime jusqu'à sa mort dans des bombardements israéliens, le 17 mars 2026.
Larijani, pilier du régime iranien et auteur d'une thèse sur Kant…
L’attention suscitée par son nom a conduit les observateurs à une curieuse découverte : après des études en mathématiques et en informatique, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale s’est tourné, sous l’influence de Morteza Motahhari, théoricien de la République islamique, vers la philosophie. Il a fait sa thèse sur Emmanuel Kant. Comment expliquer l’intérêt d’une figure majeure d’une dictature théocratique pour le penseur des Lumières, de l’autonomie et du respect ?