Inde / Élections
La « civilisation hindoue » va-t-elle s’inviter dans les urnes ?
Des partisans de Narendra Modi en mai 2014 (cc) narendramodiofficial / Flickr
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Cet article est issu du numéro 79 de Philosophie magazine « 79 - mai 2014 », en kiosque le 24 avril 2014. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Avec la victoire possible du candidat des nationalistes hindouistes lors des législatives en cours dans « la plus grande démocratie du monde », le modèle de la laïcité indienne vacille. Explications.
Les élections législatives qui s’achèvent le 12 mai vont sans doute voir le Bharatiya Janata Party (BJP, « parti du peuple indien », nationaliste hindouiste) détrôner le Parti du Congrès. Ce ne serait pas une première. Le BJP a dirigé le pays de 1996 à 2004. Mais la personnalité de son candidat au poste de Premier ministre est sujet à polémique. Narendra Modi dirige depuis 2001 le très dynamique État du Gujarat (situé dans le nord-ouest du pays). Il est accusé d’être responsable des violences intercommunautaires en 2002 durant lesquelles un millier de musulmans ont trouvé la mort. C’est un familier de la rhétorique antimusulmane. Depuis, il affirme avoir changé. Il s’est concentré sur les sujets économiques à un moment où la puissance de l’Inde ralentit. Il incarne mieux la lutte contre la corruption que le vieux Parti du Congrès. Et il est bien plus charismatique que son candidat, le timide Rahul Gandhi.