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La crue au Népal, symbole de la “petitesse insignifiante” des êtres humains

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La crue au Népal, symbole de la “petitesse insignifiante” des êtres humains

Devighat, district de Nuwakot (Népal), le 30 août 2026. Photo aérienne de bâtiments endommagés et recouverts de boue près de la rivière Likhu, suite à un glissement de terrain ayant entraîné une crue dévastatrice. © Athit Perawongmetha/Reuters

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Les images sidérantes de la crue éclair au Népal témoignent d’un déchaînement des éléments rarement éprouvé par l’homme. Les philosophes, de Lucrèce à Kant, nous aident peut-être à en prendre la mesure.


 

Elle engloutit la rivière à la vitesse de l’éclair, absorbant tout sur son passage : talus, arbres, roches, puis ponts, entrepôts, maisons, personnes terrifiées courant pour leur vie. La crue éclair qui a frappé le Népal, le 26 août, responsable de plus d’un millier de morts et de milliers de disparus, offre des images d’une violence sidérante. Les flots furieux composés de glace, de boue et d’un fatras de débris rasent un village entier en moins d’une minute et dévastent les autres localités en aval. Sur les flancs de la montagne épargnés par la catastrophe, les témoins filment, impuissants.

Comment définir cette trombe terrestre ? Le mot « crue » ne convient pas tout à fait, puisque le lit ne gonfle pas à la suite d’intempéries : le cours d’eau lui-même semble stupéfié par ce qui lui arrive. La matière déchaînée provient en fait d’un glacier situé en amont, dont la chute, en plus d’avoir provoqué un tremblement de terre de magnitude 5,2, génère ce qui s’apparente plutôt à un « tsunami de montagne », une vague de glace plus haute que les immeubles, produisant dans son sillage une houle inarrêtable, avec des vagues folles qui surgissent de ce magma brun au contact d’éléments au sol devenus imperceptibles.

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