La fin de vie rediscutée à l'Assemblée

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La fin de vie rediscutée à l'Assemblée

Alain Claeys et Jean Leonetti, auteurs du texte sur la fin de vie présenté à l'Assemblée nationale le 10 mars 2015 (cc) Wikimedia Commons / Labousig et Ziel

Le nouveau projet de loi sur la fin de vie voté ce mardi 17 mars 2015 à l'Assemblée ravive un débat éthique difficile à trancher.

Le nouveau texte sur la fin de vie examiné mardi 10 mars à l’Assemblée nationale, sera voté le 17 mars 2015. Ce texte préparé par les députés Alain Claeys et Jean Leonetti, complète la loi du même nom, adoptée en 2005  qui établissait le refus de l’acharnement thérapeutique. Tout aussi modéré, ce nouveau texte ne propose ni l’euthanasie ni le suicide assisté ; il prévoit des directives anticipées contraignantes « révisables et révocables à tout moment » – qui s’imposeront à l’équipe médicale – et une « sédation profonde et continue » pour les malades en phase terminale ou maintenus artificiellement en vie.

Ce dernier point est la pierre d’achoppement de cette loi qui divise les militant « pro-vie », notamment l’association Alliance Vita et les représentants des Églises, d’une part, et les partisans de l’euthanasie, dont les membres de l’association pour le droit à mourir dans la dignité, de l’autre.

Rejeté par ceux qui arguent de la « pente glissante », laissant penser que la « sédation profonde et continue » jusqu’à provoquer la mort est un pas de plus vers le droit à l’euthanasie, il est aussi contesté par tous ceux qui défendent le « droit à mourir dans la dignité », regrettant une loi encore trop timide.

Lire le dialogue entre 
Régis Aubry et André Comte-Sponville:
“Euthanasie, une question de vie ou de mort”


Le domaine de l'indécidable

La question ne cesse d’alimenter le débat publique, au rythmes des cas particuliers – Chantal Sébire, Vincent Humbert et Vinent Lambert, pour les plus médiatisés : qu’est-ce que mourir dans la dignité ? Soulager la souffrance peut-il amener un médecin à provoquer la mort, sans pour autant intention de la donner ? Et laisser mourir n’est-ce pas donner la mort ?

Questions éthiques sans fin sur lesquels la puissance politique aura du mal à trancher, tant ce dilemme est traversé par des fondements axiologiques fermes et personnels, et tant il est difficile d'adopter une position dogmatique sur l'euthanasie. « Nous sommes là dans l’indécidable du domaine où s’affrontent des valeurs tout aussi fondamentales les unes que les autres », conclut le Comité consultatif national d’éthique qui préconise le maintien de l’interdiction faite aux médecins de « provoquer délibérément la mort ».


Regarder la mort en face

Et les Français? Selon les sondages d’opinion, ils sont en principe très majoritairement pour le droit à l’euthanasie dans les cas désespérés, à condition d’en exprimer clairement et personnellement la demande. Les directives anticipées contraignantes, prévues dans le nouveau projet de loi, rempliront-elles cette condition? Rien n'est moins sûr, car que vaut une intention écrite des années avant d’être confronté à ce choix? Sommes-nous seulement capable d’anticiper la dépendance et de regarder la mort en face, cette mort « toujours extraordinaire pour soi et ordinaire pour tous » ?

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