Chine / Géostratégie

La mer sera-t-elle notre nouvelle terre ?

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Cet article est issu du numéro 101 de Philosophie magazine « L’instant présent. Attrape-le si tu peux ! », en kiosque le 16 juin 2016. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Les ambitions territoriales de Pékin passent par la construction d’îles artificielles en mer de Chine. Et bouleversent la vieille distinction symbolique, réactivée par Carl Schmitt au XXe siècle, entre Terre et Mer.

La mer de Chine méridionale est devenue le nouveau terrain d’affrontement entre la Chine et les États-Unis, et leurs alliés. Pékin s’intéresse de près aux ressources qu’elle recèle : outre le produit de la pêche, une réserve de 11 milliards de barils de pétrole brut et de gaz, selon l’Administration américaine d’information sur l’énergie. Le problème est que les Philippines, le Vietnam, le Japon, la Malaisie, Taïwan ou encore Brunei disputent à la Chine de larges portions de cette mer. La Chine a décidé de mettre en œuvre une politique du fait accompli. Sa marine investit des îlots et y mène des travaux dits de poldérisation, consistant à créer un sol ferme là où il y en avait à peine. Depuis 2014, une petite dizaine sont en construction. L’un d’eux, le récif de Fiery Cross, dans les îles Spratleys, est en passe d’être surmonté d’un poste d’atterrissage de 3 000 mètres de longueur. Des phares, des ports, des stations radars apparaissent ici ou là. La Chine crée des positions potentiellement militaires. Elle provoque une destruction définitive de nombreux massifs de corail. Elle entend ainsi imposer sa souveraineté de fait sur des terres qu’elle aménage. En attendant, le Vietnam et les Philippines ont fait appel à un tribunal international pour défendre leur droit historique. Les États-Unis, qui ne comptent pas laisser à leur nouveau grand rival le rôle de protecteur régional, veillent au grain.

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