Dossier
La mort
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Cet article est issu du numéro 44 de Philosophie magazine « 44 - novembre 2010 », en kiosque le 28 octobre 2010. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Qu’est-ce que je dois faire de ma vie ? » se demande Nathaniel Fisher, le héros de la série télévisée Six Feet Under (« Six pieds sous terre ») alors qu’il vient de perdre son père dans un tragique accident de voiture. « La vivre ! » lui répond la belle et étrange Brenda. À 35 ans, celui qui a longtemps fui le domicile familial consacré à une entreprise de pompes funèbres, prend conscience qu’il ne veut plus être « un touriste de la vie », irresponsable, solitaire et inconstant. Le fantôme paternel a révélé à Nate que l’expérience de la mort n’est pas seulement un traumatisme insupportable, mais aussi une épreuve à travers laquelle on peut réapprendre à vivre, à sentir, à aimer. Il reprend donc le flambeau de ce métier étrange qui consiste à prendre soin des cadavres et à accompagner leurs proches dans le travail de deuil. Se familiariser avec l’expérience de la perte pour nouer un rapport plus juste avec la vie, voilà la philosophie simple mais profonde de cette série qui a remporté un succès mondial en osant aborder de front et avec humour la mort, mais aussi, dans son sillage, la dépression, les névroses familiales ou l’échec sentimental. Signe des temps ? Des romans à succès, comme D’autres vies que la mienne d’Emmanuel Carrère (P.O.L, 2009), racontent la tragédie de la perte et du deuil, celle d’une petite fille emportée par le tsunami de 2004 ou d’une mère atteinte d’un cancer.