La notion/Les chimpanzés du futur 

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Cet article est issu du numéro 113 de Philosophie magazine « Y a-t-il encore une vérité ? », en kiosque le 28 septembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

En aspirant à créer un homme augmenté via les nouvelles technologies, les transhumanistes veulent-ils faire de nous les « chimpanzés du futur » ? Comme les Grands Singes étaient considérés comme « en dessous » de nous, nous aurions désormais « au-dessus » des cyborgs… L’expression a été inventée par le cybernéticien britannique Kevin Warwick, qui déclarait en 2002 : « ceux qui décideront de rester humains et refuseront de s’améliorer […] constitueront une sous-espèce et formeront les chimpanzés du futur. » Glaçant… Cette vision a été dénoncée par Pièces et Main d’Œuvre, un collectif basé à Grenoble. En 2014, ils lancent un « Appel des chimpanzés du futur », où le transhumanisme est brocardé comme un « techno-totalitarisme », un « nazisme en milieu scientifique » – le propos est pour le moins engagé… En cette rentrée, Pièces et Main d’Œuvre devait publier au Seuil un Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme, mais la parution a été annulée suite à un différend avec la maison d’édition ; le collectif diffusera lui-même le texte. Au-delà de la querelle, le débat est lancé, électrique… et appelé à évoluer : tenons-nous encore vraiment à l’humain ? Ou n’avons-nous d’autre destin que de singer les machines ?

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