« La prison a l’avantage de produire de la délinquance » Michel Foucault

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Cet article est issu du numéro 22 de Philosophie magazine « 22 - septembre 2008 », en kiosque le 22 août 2008. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

« La société punitive », Dits et écrits (II). Pour le théoricien du biopouvoir, la prison, loin de réduire la délinquance, s’inscrit plutôt dans une théorie de la surveillance généralisée de la société sur ses membres.

La détention provoque la récidive. C’est le constat auquel se livre Foucault dans Surveiller et punir, chiffres à l’appui. Vers 1820, 38 % de ceux qui sortent des maisons centrales sont à nouveau condamnés, et environ 1 condamné sur 4 est un récidiviste. Le bilan ne cesse de s’alourdir tout au long du XIXe siècle, qui marque pourtant l’avènement de la prison au détriment de toutes les autres formes de punitions – châtiments corporels, travaux forcés, galères, bannissements. Jusqu’à aujourd’hui : avec un taux de récidive s’élevant à 52 %, les prisons, loin d’être délaissées, souffrent de surpopulation. Cercle vicieux ? Incohérence ?

Michel Foucault en six dates

  • 1926 Naissance à Poitiers, dans la Vienne. 
  • 1954 Abandon de l’enseignement pour des postes culturels en Suède et en Pologne. 
  • 1961 Thèse d’État intitulée « Folie et déraison. Histoire de la folie à l’âge classique ». 
  • 1970 Élection au Collège de France et premières conférences aux États-Unis. 
  • 1975 Publication de Surveiller et punir. Naissance de la prison. 
  • 1984 Mort à Paris.
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