Hors-série n° 36
Foucault. Le courage d’être soi
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« Je suis un expérimentateur et non pas un théoricien. » Au carrefour de la philosophie et de l’histoire, Michel Foucault n’a cessé de manipuler des objets explosifs pour la pensée, de la folie à la sexualité, et d’explorer, pour mieux les dynamiter, les lieux de la marginalité, de l’hôpital psychiatrique à la prison. Avec, au bout de son œuvre, des interrogations qui résonnent aujourd’hui, du biopouvoir à la société de surveillance, en passant par le souci de soi et le courage de la vérité.
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L’homme est-il mort ?
Lorsque Michel Foucault publie en 1966 Les Mots et les Choses, il y déclare que l’homme pourrait disparaître. Le jeune philosophe vise un concept et pas l’espèce humaine, mais, dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale et de la découverte d’Auschwitz, on fait de lui le porte-drapeau des antihumanistes. Et Sartre est son principal adversaire.
De Big Brother à Big Data
Du changement de statut des « fous » à celui des détenus, Foucault n’a jamais cessé de réfléchir à la transformation des rapports entre pouvoir et savoir : le pouvoir, prophétisait-il, tend à se dissimuler de plus en plus. Il ne s'agit pas d'un pouvoir orwellien, précise la philosophe Antoinette Rouvroy, « mais une hyperpuissance concentrée entre les mains des créateurs et acteurs de l’Internet ».