La tique de Gilles Deleuze

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Cet article est issu du numéro 27 de Philosophie magazine « 27 - mars 2009 », en kiosque le 26 février 2009. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.

Il est autant de mondes différents que d’êtres vivants. C’est du moins ce qu’affirme le philosophe en essayant d’imaginer la vie d’une tique.

À chaque philosophe son bestiaire : Gilles Deleuze emprunte à l’éthologue Jacob von Uexküll l’évocation du monde de la tique (Ixodes ricinus). Aveugle et sourd, ce petit parasite ne réagit, dans l’immensité des signes de la forêt, qu’à trois stimuli : la luminosité, dont la quête le mène au bout d’une branche ; l’odeur de l’acide butyrique, présent dans les poils de tous les mammifères, qui le fait se laisser tomber sur la fourrure d’une bête passant sous sa branche ; et enfin la sensation de gêne, qui le contraint à chercher un endroit dépourvu de poils, où il pourra boire le sang chaud. Après quoi, tombant sur le sol, la tique libérera ses œufs et mourra. Vie brève et laconique que celle d’une tique…

Devenir-animal

Dans la somme de devenirs qui constitue l’homme, il existe une zone d’indétermination entre l’homme et l’animal ; cette zone est celle des devenirs-animaux, qui ne sont pas de l’ordre de l’imitation, mais de l’intensité des perceptions et des affects ; d’où, selon Deleuze, le rapport fondamental entre le devenir-animal et la création artistique, même s’il évoque de nombreux autres devenirs (devenir-femme, devenir-enfant, etc.).

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