La vacance de l’âme : ravissement et refoulement
Pâris Bordone, Vénus endormie et Cupidon. Peinture sur toile, 86 x 137 cm. Venise, collection G. Franchetti à la Cà d’Oro. © 2013. Cameraphoto/Scala, Florence - Photo Scala, Florence - courtesy of the Ministero Beni e Att. Culturali
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« Que se passe-t-il lorsque l’esprit et le corps s’abandonnent aux puissances nocturnes ? Cette inquiétude préoccupe déjà les Grecs et les Latins, grands inspirateurs des artistes et des penseurs de la Renaissance. Ces derniers distinguent des niveaux des rêves très élaborés, que nous avons totalement occultés à présent. Les interrogations sur les signifiants, sur les rêves réprimés et sur la sexualité refoulée sont pourtant déjà clairement exposées. Macrobe (né vers 370), un auteur néoplatonicien, différencie par exemple dans son Commentaire au songe de Scipion le songe énigmatique (somnium), la vision claire de l’avenir (visio), l’oracle (oraculum), le rêve issu des soucis du jour (insomnium) de l’apparition spectrale (visum).