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La viande : toujours moins mais toujours aussi bonne
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Cet article est issu du numéro 123 de Philosophie magazine « 123 - octobre 2018 », en kiosque le 24 septembre 2018. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
« Un jour viendra, écrivait Claude Lévi-Strauss en 2001 après le scandale de la vache folle, où l’idée que, pour se nourrir, les hommes du passé élevaient et massacraient des êtres vivants et exposaient complaisamment leur chair en lambeaux dans des vitrines, inspirera sans doute la même répulsion qu’aux voyageurs du XVIe ou du XVIIe siècle, les repas cannibales des sauvages. »
L’époque annoncée par l’anthropologue serait-elle en passe d’advenir ? On peut être tenté de le penser si l’on prend connaissance des résultats de l’étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) parue en septembre dans le bulletin Consommation et modes de vie consacré à l’évolution de la consommation de viande en France. En dix ans, celle-ci a baissé de près de 12 %, passant de 58 à 46 grammes par jour. En 2018, 35 % des Français déclarent avoir limité leur consommation carnée. Cette chute concerne toutes les couches sociales : même si la baisse la plus importante se produit chez les cadres et professions libérales (- 19 %), celle des ouvriers est presque aussi forte (- 15 %). En cause : les considérations de santé, de bien-être animal et d’impact de l’élevage sur l’environnement, mais aussi des raisons économiques – le prix de la viande n’a cessé d’augmenter ces dernières décennies.