Hors-série "Foucault. Le courage d’être soi"
"La Volonté de savoir" : pour en finir avec le sexe
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Cet article est issu du Hors-série n°N° 36 de Philosophie magazine « Foucault. Le courage d’être soi », en kiosque le 21 décembre 2017. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Dans les années 1970, en pleine ère de « libération sexuelle », Foucault bouscule les représentations sur la chose. Avec La Volonté de savoir, non content de soutenir que la société bourgeoise n’a pas réprimé le sexe, il proclame que la sexualité est un dispositif de contrôle des individus et une obsession dont il s’agit de… se libérer.
À contre-courant
« Prenez vos désirs pour des réalités », « jouissons sans entraves » : ces slogans de Mai 68 restituent le climat d’une époque, les années 1970, marquée par le thème de la « libération ». Contre les carcans de la société bourgeoise, la sexualité est désignée comme un foyer d’émancipation (ah, les amours libres…). Lorsque Foucault s’empare du sujet, les attentes sont grandes : La Volonté de savoir (1976), premier tome d’une Histoire de la sexualité, sera-t-il la bible de la génération soixante-huitarde ? Non. Foucault nage à contre-courant et cible justement le credo de la libération sexuelle. Une thèse diversement accueillie…
Tabou, vraiment ?
S’il faut libérer le sexe, c’est qu’il a été emprisonné ; l’ordre bourgeois aurait fait de lui un interdit – censure, silence sur la chose. Adoptant une perspective historique, Foucault s’en prend à cette « hypothèse répressive ». Le sexe étouffé, refoulé ? Tout au contraire : au XVIIe siècle, au moment où la bourgeoisie prend ses quartiers, on assiste à une « véritable explosion discursive ». De sexe, on parle (la médecine et la pédagogie s’intéressent aux plaisirs adolescents, par exemple…), et on incite à parler (au confessionnal). Bref, ce n’est pas du tout un tabou, mais un totem.