Théâtre
L’amour et l’infox
© Gwendal Le Flem
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Cet article est issu du numéro 127 de Philosophie magazine « L’étrange logique de la mémoire », en kiosque le 21 février 2019. Découvrez le sommaire et commandez ce numéro.
Fort d’une distribution prestigieuse, Ludovic Lagarde met en scène un classique du dramaturge anglais Harold Pinter : “La Collection”. Dans ce spectacle créé au Théâtre national de Bretagne, en tournée en France, il est moins question d’histoires d’amour et de couple que de notre rapport à la vérité. Glaçant.
« C’est la vérité, hein ? » Harold Pinter (1930-2008) a fait de cette réplique anxieuse le cœur de La Collection. Le metteur en scène Ludovic Lagarde monte ce classique anglais écrit en 1961, en réunissant une distribution prestigieuse autour de la nouvelle traduction d’Olivier Cadiot. Le spectacle confronte deux couples londoniens : d’une part, Harry, la quarantaine (Mathieu Amalric), et Bill, un dessinateur de mode de vingt ans son cadet (Micha Lescot) ; de l’autre, Stella, créatrice de mode elle aussi (Valérie Dashwood), et son mari James (Laurent Poitrenaux). Après que Stella reconnaît avoir eu une liaison avec Bill, James fait incursion dans la vie de Harry et de son protégé pour tirer au clair cette histoire. Sauf que son épouse pourrait avoir menti. Bill raconte une autre histoire, il serait d’ailleurs homosexuel. Qui croire ? Et si James lui-même était pris d’une crise de jalousie, s’il inventait les confidences de son épouse pour étayer sa folie ? Il est moins question de drame bien ficelé et de résolution logique que de chassés-croisés après la vérité.